A la mémoire de Catherine Surzur
La Loire m’a vue naître
Puisse la Dordogne me voir mourir
Cette terre m’a adoptée
Mon sang a pris la couleur de l’argile
Mes yeux ont pris celle de ses bois
Mon âme s’est emplie de sa quiétude
Mon cœur vibre à chacun de ses orages
Je me sens enfin chez moi
Mes racines s’enfoncent loin dans cette terre
Si profondément qu’il faudrait m’en arracher à grandes souffrances
Mes branches montent vers le soleil et s’étalent en un houppier foisonnant
Nulle terre ne m’a appelée de cette façon
Nul ciel n’a autant reçu ma gratitude
Cette rivière m’a adoptée
Les courbes de ses cingles à celles de mon corps sont semblables
Mon caractère est trempé comme ses falaises
Mes cheveux dénoués ont la couleur de ses rives en automne
En cette terre je trouverai ma famille
Près de cette rivière je trouverai mes amis
Et si mon cœur ne peut aimer qu’un seul homme
Il s’autorise à aimer deux rivières